Climat futur et adaptation
Étudier le climat futur ne consiste pas à prévoir le temps qu’il fera un jour précis en 2080. Les projections cherchent à déterminer comment les propriétés statistiques du climat peuvent évoluer : température moyenne, jours très chauds, précipitations, sécheresses, vents ou événements extrêmes.
Elles sont indispensables pour évaluer la vulnérabilité des bâtiments, des infrastructures et des espaces urbains, puis adapter les projets à des conditions différentes de celles observées aujourd’hui.
Projection climatique et prévision météorologique
Une prévision météorologique part de l’état actuel de l’atmosphère et anticipe son évolution à court terme. Une projection climatique part d’hypothèses sur l’évolution à long terme du système climatique. Elle ne prédit pas une succession exacte de journées, mais un climat statistiquement compatible avec ces hypothèses.
Scénarios climatiques
Les projections reposent sur des trajectoires possibles des forçages climatiques et des évolutions socio-économiques. Les générations précédentes utilisaient les scénarios RCP (Representative Concentration Pathways), comme RCP2.6, RCP4.5 ou RCP8.5. Les travaux plus récents utilisent les SSP (Shared Socioeconomic Pathways) associés à différents forçages radiatifs.
Ces scénarios ne sont pas des prévisions : ils servent à explorer plusieurs futurs possibles et la sensibilité du climat aux trajectoires d’émissions.

Source : Betting on negative emissions
Modèles climatiques globaux — GCM
Les modèles climatiques globaux représentent à l’échelle planétaire l’atmosphère, les océans, les surfaces continentales, la cryosphère et leurs interactions. Leur résolution décrit les grands équilibres climatiques, mais pas toujours précisément le relief, les littoraux ou les phénomènes régionaux.

Source : GIEC
Modèles climatiques régionaux — RCM
Les RCM (Regional Climate Models) simulent une région à plus haute résolution en utilisant les sorties d’un modèle global comme conditions aux limites. Ils représentent mieux le relief, les contrastes terre-mer, certains phénomènes régionaux et la variabilité spatiale. Cette régionalisation dynamique peut être complétée par une correction de biais ou une descente d’échelle statistique.
CORDEX
CORDEX (Coordinated Regional Climate Downscaling Experiment) est une initiative du World Climate Research Programme qui coordonne les simulations climatiques régionales et facilite leur comparaison.
Pour l’Europe, EURO-CORDEX fournit notamment des ensembles de simulations à environ 12 km de résolution pour certaines configurations. La combinaison de plusieurs modèles globaux et régionaux permet d’étudier l’évolution moyenne et la dispersion liée aux modèles. Pour une simulation thermique horaire, une reconstruction ou une interpolation temporelle peut rester nécessaire.

Source : Ouzeau et al.
DRIAS — Les futurs du climat
Le portail DRIAS — Les futurs du climat diffuse les projections climatiques régionalisées de référence pour l’adaptation en France. Il est mis en œuvre par Météo-France avec la communauté scientifique nationale du climat.
Explorer les indicateurs
L’espace Découverte visualise des indicateurs géolocalisés — températures, précipitations, jours chauds ou gel — selon les jeux de données disponibles.

Télécharger les données
L’espace Données et Produits permet de télécharger les variables et indicateurs pour des traitements avancés. Les produits de référence utilisent notamment une grille d’environ 8 km pour la France hexagonale. Les produits récents liés à Explore2 et à la TRACC remplacent les anciens jeux parfois encore cités dans la documentation historique.
TRACC — une référence pour l’adaptation
La TRACC, ou Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique, définit le climat auquel la France doit se préparer. Pour la France hexagonale et la Corse, elle retient, par rapport à la période préindustrielle :
- +2 °C en 2030 ;
- +2,7 °C en 2050 ;
- +4 °C en 2100.
Le niveau de 2100 correspond à environ +3 °C à l’échelle mondiale. La TRACC n’est ni un nouveau modèle ni un scénario supplémentaire : elle fixe des niveaux de réchauffement de référence que les projections régionalisées traduisent en indicateurs pour les territoires.
La trajectoire a été inscrite dans le Code de l’environnement par le décret du 23 janvier 2026. Voir les présentations du ministère de la Transition écologique et de son inscription réglementaire .
Du scénario global au projet
Construire des fichiers météorologiques futurs
Les projections doivent souvent être transformées avant leur utilisation dans un logiciel de simulation thermique ou énergétique.
Année typique future
Un TMY futur représente le climat moyen autour d’un horizon, par exemple à partir de plusieurs décennies centrées sur 2080. Il sert à étudier le chauffage, le refroidissement, le confort, la ventilation naturelle et les consommations. Comme un TMY actuel, il tend à lisser les événements rares.
Années futures particulières
Les simulations produisent aussi des séries continues dans lesquelles on peut rechercher des années très chaudes, des étés secs ou des vagues de chaleur sévères. Le choix doit tenir compte des modèles, scénarios, années et niveaux d’intensité. Définir un niveau de risque ou un quantile cible est souvent plus robuste que retenir automatiquement « la pire année ».
Et les événements extrêmes futurs ?
L’adaptation ne peut pas reposer uniquement sur le climat moyen. Les vagues de chaleur peuvent être détectées dans les projections puis classées selon leur durée, leur intensité et leur sévérité afin de produire des fichiers horaires. Cette méthode est détaillée dans Canicules et vagues de chaleur .